En octobre 1888, Vincent van Gogh accueille Paul Gauguin dans la **Maison Jaune** d'Arles, rêvant d'instaurer un **atelier collectif** qui incarnerait la peinture nouvelle. Sur les pavés de Provence se nouent deux univers visuels radicalement divergents. Van Gogh vénère le synthétisme gauguin, sa maîtrise des **aplats colorés** délimités par des contours épais. Gauguin, en retour, est captivé par la **gestualité enfiévrée** du Hollandais, sa façon de faire vibrer le pinceau pour libérer l'émotion brute. Neuf semaines durant, leurs toiles respirent ensemble : van Gogh intègre les leçons d'ordre gauguin tandis que Gauguin s'imprègne de l'intensité expressionniste de son compagnon. Cette brève alchimie s'éteint en décembre. Le conflit personnel monte ; l'incident de l'oreille cisaillée symbolise l'implosion inévitable. Gauguin part. Ce séjour d'Arles, résumé à deux mois, reste une charnière capitale de la peinture occidentale. Van Gogh et Gauguin y ont cristallisé deux méthodes antagonistes : le **synthétisme épuré** contre le **divisionnisme gestuel**, deux chemins qui structureront l'art moderne pendant des décennies.
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