Omar Khayyam (1048-1131) et **Rûmî** (1207-1273) dessinent, à deux générations d'intervalle, le portrait du savant-poète persan. Khayyam, astronome et mathématicien de Nishapur, produit une œuvre où l'exactitude géométrique se fond dans l'expression lyrique ; Rûmî, né à Balkh mais établi à Konya, cultive l'extase mystique en héritier d'une tradition lettrée. Aucune trace de rencontre entre eux, mais une **convergence d'intention** : tous deux refusent de cloisonner le rationnel et le spirituel. Khayyam explore l'algèbre et les mouvements astraux en versificateur philosophe ; Rûmî, porteur de l'héritage savant persan, élève la poésie soufie au rang de langage cosmique. Ce qui les lie dépasse l'échange direct — c'est l'**écho d'une conviction partagée** : que le calcul et la contemplation puisent à la même source. Les deux écrivent en persan, cette langue devenue au Moyen Âge musulman le foyer des savoirs et des mystères. Le **pont Science–Littérature** se noue chez eux sans rivalité, en complémentarité : Khayyam par le doute rationnel, Rûmî par l'abandon mystique, ensemble chantent les énigmes de l'existence.
Lien probable, faisceau d'indices.