Federico Fellini n'a jamais signé de manifeste avec les critiques de Cahiers du cinéma, pourtant sa présence agit comme pivot silencieux dans la genèse de la Nouvelle Vague. Lorsque Truffaut et ses confrères rompent avec le cinéma de papa au milieu des années 1950, c'est d'abord contre un **conformisme narratif** français que Fellini avait déjà démoli. *La Strada* (1954) et *Les Nuits de Cabiria* (1957) offrent aux jeunes Français une **esthétique libérée** : structure fluide, subjectivité baroque, refus de l'intrigue bien ficelée. La Nouvelle Vague absorbe cette leçon. Godard, Rivette et Rohmer reconnaissent chez l'Italien une forme d'**auteur absolu** — celui qui impose sa vision contre la machine studio. Mais où Fellini travaille encore au sein du système italien (Cinecittà), la Nouvelle Vague radicalise : elle tourne caméra légère, studio emprunté, sans l'appareil hiérarchisé de Rome. Contemporains, ils partagent une conviction commune : le cinéma cesse d'être du spectacle pour devenir un **journal intime en mouvement**. Fellini le pressentait ; la Nouvelle Vague l'affirme, caméra à l'épaule.
Lien probable, faisceau d'indices.