Les **Ballets russes** incarnent au XXe siècle le désir de fusionner les arts. Pour renouveler son entreprise chorégraphique, Serge Diaghilev **fait appel à** Pablo Picasso, l'un des plus grands créateurs visuels du modernisme. Cette collaboration devient l'une des aventures les plus fécondes du siècle. À partir de 1917, avec *Parade* — fruit de la rencontre entre Cocteau, Satie et Picasso — le peintre transforme la scène en galerie vivante. Le **cubisme**, qui bouleverse la représentation sur le plan pictural, migre alors sur le plateau. Costumes angulaires, décors fragmentés, perspectives éclatées : Picasso impose une grammaire visuelle radicalement neuve, où la danse épouse les formes de l'art moderne. Pour les productions ultérieures — *Tricorne*, *Pulcinella* et autres — les **Ballets russes** continuent de **faire appel au** talent de Picasso. Ces œuvres ne sont pas de simples décors, mais des **créations intégrales** où le peintre conçoit l'espace chorégraphique comme une composition plastique vivante. Le dialogue entre sa peinture et le mouvement des danseurs redéfinit ce que peut être une production de danse : elle devient manifeste d'avant-garde, où l'œuvre visuelle et la chorégraphie s'entrelacent indissolublement.
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