Quand Wolfgang Amadeus Mozart compose "Don Giovanni" en 1787, Johann Wolfgang von Goethe reconnaît dans cette partition une âme sœur. Les deux géants du génie germanique du XVIIIe siècle partagent bien plus qu'une époque : une **vision commune du génie illimité**, rebelle aux conventions établies. Don Giovanni, ce séducteur impénitent qui défie la morale et l'ordre divin, résonne étrangement avec la figure de Faust que Goethe peaufine alors depuis des années. Les deux personnages incarnent une même **transgression héroïque**, celle de l'homme qui repousse les frontières du possible au mépris des conséquences. Mozart, par sa partition révolutionnaire mêlant la légèreté de l'opéra comique à la profondeur du drame métaphysique, crée une **convergence de registres** que Goethe reconnaît immédiatement. Le compositeur autrichien et l'écrivain allemand partagent cette conviction que le **génie se mesure à sa capacité à transcender les limites**. Lorsque Goethe rédige la première partie de "Faust" en 1808, l'influence mozartienne s'y discerne : cette même tension entre séduction et destruction, entre la quête insatiable et le châtiment inévitable. Deux œuvres majeures, deux disciplines séculaires, une même architecture du **désir et de l'abîme**.
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