William Blake, le graveur-visionnaire anglais, a entrepris en fin de sa vie une véritable dialoguer avec Dante Alighieri en illustrant la Divine Comédie. Plutôt qu'une simple adaptation, ce fut une rencontre d'esprits traversant les mêmes **territoires métaphysiques**. Blake, nourri de mysticisme platonicien et de révolte contre l'ordre rationnel des Lumières, trouvait en Dante un allié profond : deux poètes ayant peint l'**architecture spirituelle** du cosmos par le seul imaginaire. Les aquarelles que Blake consacra aux cercles de l'Enfer, aux terrasses du Purgatoire et aux sphères du Paradis révèlent moins une traduction fidèle qu'une **conversation visuelle** avec le florentin médiéval. Son Dante devient prétexte à déployer des architectures hallucinées, des êtres hybrides, une cosmologie chrétienne entièrement réinventée selon sa propre grammaire symbolique. Blake dialogue ainsi avec Dante non comme disciple admiratif, mais comme **frère de vision**—deux mystiques séparés de quatre siècles, finalement réunis par cette certitude partagée : la poésie seule peut franchir les seuils du divin.
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