En 1909, Vaslav Nijinski intègre les **Ballets russes** et devient l'**étoile incontestée** de la compagnie fondée par Serge Diaghilev. Plus qu'un interprète de renom, il s'affirme en créateur, transformant chaque rôle assigné en exploration radicale du mouvement. Aux côtés du chorégraphe Michel Fokine, Nijinski forge une technique hybride où le ballet académique rencontre une corporalité nouvelle, brisée, délibérément contemporaine. Le tournant décisif arrive avec *Le Sacre du printemps* (1913). Sur la partition explosive de Stravinsky, Nijinski ne danse plus selon les conventions — il réinvente le langage même de la **danse**. Les positions classiques se fragmentent, le corps s'autorise des angularités jusque-là interdites. Aux Ballets russes, sous son impulsion, la danse cesse d'être démonstration virtuose pour devenir interrogation brute sur le désir humain, la sensualité, la transgression. Cette rupture définit l'identité du projet diaghilevien : non perpétuer le ballet de cour, mais explorer ce que le corps exprime une fois libéré des codes. L'étoile Nijinski et les Ballets russes font ainsi corps commun dans cette quête.
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