René Magritte est l'une des figures majeures qui répondent à l'appel lancé par André Breton au cœur des années 1920. Dès le **Manifeste du Surréalisme** (1924), Breton envisage une révolution de l'imaginaire qui ne se cantonne pas à la littérature : il invite peintres, sculpteurs et cinéastes à explorer les territoires de l'**inconscient** et du **merveilleux**. Le peintre belge Magritte, qui s'installe à Paris dès 1927, embrasse cette aventure avec une rigueur singulière. Tandis que Breton libère la plume de ses lecteurs par l'**écriture automatique**, Magritte démonte les mécanismes de la perception visuelle. Ses toiles tranquilles — des cigares qui ne sont pas des cigares, des pluies de bombes en costume — opèrent selon la logique du **paradoxe poétique** que Breton théorise. Cette convergence n'est pas une simple allégeance : c'est une traduction, où la **syntaxe surréaliste** s'incarne dans des images figées mais vibrantes de contradiction. La revue **Littérature**, puis **La Révolution surréaliste**, attestent cette fraternité active. Magritte ne se contente pas de peindre des rêves ; il peint comme on écrit un manifeste — chaque œuvre proclame l'autonomie de l'imagination face au réel.
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