Le poète latin **Ovide** (43 av. J.-C. – 17 apr. J.-C.) s'approprie le corpus de la **mythologie grecque** pour en faire l'armature de son chef-d'œuvre, les *Métamorphoses*. Composée entre 2 et 8 apr. J.-C., cette épopée de plus de 15 000 vers tisse ensemble des récits mythologiques hérités du monde grec, depuis la création du cosmos jusqu'aux temps augustéens. Le génie d'Ovide réside dans la double opération : il traduit et retravaille les **mythes grecs** non comme un archiviste, mais comme un alchimiste du langage. Chaque **transformation** — Daphné en laurier, Narcisse en fleur, Méduse en créature maudite — devient prétexte à explorer l'instabilité de la forme et la fluidité de l'identité. Ce qui était épars dans les sources grecques (Hésiode, Ovide puise abondamment dans les *Métamorphoses* pseudo-hésiodiques et les tragédies d'Euripide) devient chez Ovide une philosophie poétique : la mutation perpétuelle du vivant. Cette réinvention littéraire du fonds mythologique grec en latin établit un pont décisif entre deux mondes culturels, donnant à la **mythologie grecque** une seconde vie textuelle qui traversera toute la littérature européenne. Les écrivains ultérieurs liront Ovide pour accéder au legs grec, sanctifiant ainsi l'union entre une **littérature transformative** et des **mythes éternels**.
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