Osamu Tezuka n'a jamais tenu une manette de console, mais sa révolution du **manga moderne** a façonné l'univers esthétique de Shigeru Miyamoto. Le créateur d'Astro Boy en 1952 inventa un langage graphique singulier : le **personnage épuré** qui transmet des émotions complexes par quelques traits décisifs, l'**économie du dessin** qui suggère plutôt que de reproduire. Miyamoto, enfant des années 1960 au Japon, absorberait naturellement cette grammaire à travers les manga et anime dominants de son enfance. Lorsque Miyamoto dessine Mario en 1981, puis conçoit la série Zelda, c'est précisément cette leçon tezukienne qu'il transpose au jeu vidéo. La **silhouette instantanément reconnaissable**, les **couleurs primaires**, le mouvement joyeux du plombier — autant de principes que Tezuka avait cristallisés dans ses pages. Là où le réalisme aurait paralysé les mécaniques numériques primitives, l'**expressivité minimaliste** héritée du manga crée une liberté de mouvement et une clarté narrative qu'aucun jeu de première génération ne possédait. Cette influence n'est pas une filiation biographique documentée, mais une **transmission culturelle invisible** : Miyamoto peuple ses univers d'une grammaire visuelle que Tezuka avait redessinée pour le Japon moderne.
Rapprochement interprétatif, non une filiation prouvée.