La **Nouvelle Vague** et l'**existentialisme** de Jean-Paul Sartre ne forment pas une rencontre fortuite, mais une **filiation directe**. C'est à travers les **Cahiers du cinéma** que les jeunes critiques — Godard, Truffaut, Rivette — découvrent la pensée sartienne au début des années 1950. Sartre, pour sa part, considère le cinéma comme un **art de la liberté**, capable de filmer non pas seulement des actions, mais la conscience confrontée à ses choix. Cette philosophie infuse directement la pratique filmique de la Nouvelle Vague : le refus de scénarios prédéterminés, l'improvisation, la caméra à l'épaule qui traque l'**authenticité du personnage** face à l'**absurde du monde**. Godard et ses pairs ne tournent pas pour illustrer Sartre, mais pour **vivre philosophiquement** à travers la caméra — faire du cinéma une extension du doute existentiel, une enquête sur qui nous sommes quand nous devons choisir. La **liberté formelle** du cinéma devient chez eux l'incarnation celluloid de la liberté ontologique que Sartre proclame.
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