Dante Alighieri construit dans la **Divine Comédie** un cosmos **terracentriste** de **cercles concentriques versifiés** (~1315), où chaque sphère céleste reflète l'ordre théologique. La Terre immobile règne au cœur de neuf cieux immuables — une cosmologie d'Aristote et Ptolémée figée en tercets. Deux siècles après, Copernic ravage cette architecture. Son **De revolutionibus** (1543) place le **Soleil au centre** ; la Terre devient satellite. Ce n'est pas une correction mineure : c'est le **déprogrammage de l'ordre cosmique entier**. Le ciel que Dante croyait graver pour l'éternité s'écroule. Le choc réside dans ce franchissement disciplinaire brutal : **littérature et science ne se côtoient pas, elles s'annulent**. La poésie théologique cède au calcul héliocentrique. Dante versifie l'univers divin ; Copernic le réécrit en trajectoires mathématiques. Cette **révolution copernicienne** redessine les frontières de l'imaginaire : pour la première fois, **l'ordre physique contredit l'ordre poétique**. Le cosmos versifié de Dante devient orphelin, dépassé, réinterprété par la science. C'est le moment où la Littérature perd son monopole cosmologique.
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