Le XVIIe siècle français s'organise autour d'une même exigence : soumettre le monde à la **clarté rationnelle**. René Descartes la pose en **fondation philosophique** avec son *Discours de la méthode* (1637) — *cogito ergo sum* — tandis que Molière, qui commence sa carrière théâtrale une vingtaine d'années plus tard, la met en **action dramatique**. Ces deux hommes ne se connaissent probablement pas directement, pourtant leurs œuvres orchestrent une même intolérance au flou, à l'obscurité mentale. Chez Descartes, c'est la méthode qui purge l'esprit des préjugés. Chez Molière, c'est le ridicule. Ses pièces — *Tartuffe*, *Le Misanthrope*, *Les Femmes savantes* — exposent impitoyablement ceux qui se cachent derrière les apparences, qui mentent à eux-mêmes. Le faux dévot, le faux sage, la fausse savante : tous incarnent ce que le philosophe rejette, l'**absence de clarté rationnelle**. Ce qui les unit profondément, c'est leur **geste critique**. Ni l'un ni l'autre n'acceptent l'héritage sans interroger. Descartes démonte la scholastique ; Molière démonte les affectations sociales. Tous deux imposent au siècle un nouveau regard sur lui-même — lucide, sans complaisance.
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