Entre le Cri de Munch (1893) et Metropolis de Lang (1927), règne une **angoisse commune** qui transcende les médiums. Le peintre norvégien capture le **vertige humain** en une silhouette tordue, surmontée d'un ciel tourmenté ; le cinéaste allemand le projette sur des ouvriers écrasés par les tours de la mégacité. Deux **expressions expressionnistes** du même abîme : l'isolement métaphysique chez l'un, la dissolution collective chez l'autre, mais dans les deux cas **irréductible**. Metropolis transpose en cinéma l'univers pictural du Cri : des géométries qui broyent, une architecture devenue machine hostile. Lang puise à la source de l'expressionnisme pictural — cette **déformation volontaire du réel** — pour filmer une civilisation en convulsion. Les escaliers monumentaux, les foules sans visages, le robot Maria qui remplace l'ouvrier : autant de **variations cinématographiques** de la figure contractée du peintre. La caméra n'ajoute pas la profondeur à l'angoisse munchienne ; elle l'amplifie, l'étend en mouvement, la rend collective. Ce que ces deux œuvres refusent, c'est le confort du silence. L'angoisse, chez Munch et Lang, doit se **manifester physiquement**, déformer chaque coup de pinceau ou chaque plan, pour qu'on ne puisse jamais l'oublier.
Convergence indépendante, sans contact documenté.