Quand Chaplin tourne **Les Temps modernes** en 1936, il expose un ouvrier progressivement absorbé par la machine de l'usine. Non l'écrasement dramatique, mais la lente incorporation de son corps aux rythmes mécaniques, son esprit réduit à une fonction exécutoire. Exactement ce que **Darwin** avait énoncé un siècle auparavant : la **sélection naturelle** élimine l'inadapté sans rémission. Chaplin transfère ce principe darwinien dans le monde industriel moderne. L'usine fonctionne comme un **filtre évolutif** impitoyable : ne survivent que les travailleurs acceptant de se mécaniser, de briser leur conscience personnelle, de devenir rouage. Le cinéaste ne cite jamais Darwin, pourtant sa caméra peint ce que devient l'humanité sous une **pression sélective** industrielle : adaptation forcée ou extinction économique. Par des itinéraires divergents, le naturaliste victorien et le cinéaste comique convergent sur une vérité dérangeante. La **loi du plus adapté** régit aussi bien l'évolution biologique que la chaîne de montage. Aucune pitié dans ce darwinisme urbain où survivre signifie cesser graduellement d'être humain.
Convergence indépendante, sans contact documenté.