Le Corbusier transpose en architecture les principes qui animent le **Cubisme** : cette **fragmentisation de la forme** que Picasso et Braque ont érigée en dogme ne lui échappe pas. Tandis que les peintres décomposaient l'objet en facettes interpénétrantes, l'architecte suisse élève ces mêmes stratégies au rang de grammaire urbaine. Ses volumes géométriques — cubes, parallélépipèdes, surfaces épurées — incarnent une **poétique de la multiplicité des angles de vue**, directement issue de la peinture d'avant-garde. À l'exposition de L'Esprit Nouveau en 1925, cette filiation s'impose : les **façades-grilles** du pavillon corbusien, traversées de lignes épurées et de jeux de proportions rigoureuses, transposent le **principe de déconstruction** au domaine du bâti. Mais Le Corbusier ne se contente pas de peindre en béton. Il invente la **promenade architecturale**, ce parcours qui force l'habitant à changer constamment de perspective sur l'édifice — exactement comme le Cubisme obligeait le spectateur à reconstruire mentalement l'image de l'objet. Cette rencontre entre le **geste pictural fragmenté** et l'**espace modulaire construit** révèle une filiation viscérale : deux révolutions du regard.
Lien probable, faisceau d'indices.