Si la Révolution française s'enflamme en 1789, elle pense avec une arme venue d'Angleterre : la philosophie de John Locke. Dans ses *Traités du gouvernement civil* (1689), ce penseur énonce une idée subversive : tout homme naît **libre** et possède des **droits inaliénables** — à la vie, à la liberté et à la propriété. Ce qui fait la force de Locke, c'est qu'il rompt net avec l'absolutisme monarchique. Le **pouvoir politique** n'existe que pour protéger ces droits, jamais pour les anéantir. L'autorité trouve sa limite dans les **libertés fondamentales du citoyen**. Cette pensée voyage, germe dans les esprits français. Cent ans plus tard, elle s'incarne. Les **Lumières** — Montesquieu, Rousseau, Diderot — absorbent Locke. Quand Lafayette et Sieyès rédigent la **Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen** (août 1789), ils ne créent pas : ils **transforment en droit positif** l'axiome lockéen. L'article premier — « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » — est la traduction politique directe de la théorie anglaise. La filiation est implacable : Locke pense l'inaliénable ; la Révolution le grave dans le marbre constitutionnel. Un philosophe fonde ; une nation inscrit.
Lien probable, faisceau d'indices.