Le saxophoniste John Coltrane n'a jamais affirmé son adhésion formelle au bouddhisme zen, pourtant la trajectoire de sa création musicale, à partir du milieu des années 1950, s'inscrit dans une quête spirituelle où convergent plusieurs traditions contemplatives. **La méditation** structure sa matière sonore : sa technique révolutionnaire des **feuilles de son** — strates d'arpèges superposées et explorées avec une ferveur quasi mantrique — transpose en langage musical l'expérience du **vide créatif** que cultive le zen. Ce qui relie profondément Coltrane à cette voie, c'est une certaine conception de l'**improvisation** : l'instant devient champ d'illumination, dépourvu de prédétermination rigide. Son testament artistique, l'album **A Love Supreme** (1964), cristallise ce cheminement mystique. L'harmonie densifiée, la respiration mesurée, l'absence de vaine virtuosité révèlent plutôt une **discipline du dépouillement**. La sérénité qui émane de ses dernières compositions contredit l'urgence bebop : elle évoque l'apaisement du sage zen, cette aptitude rare à explorer l'infini par une note longuement tenue. Coltrane exemplifie ainsi la possibilité d'une **spiritualité musicale** radicale, où l'instrument devient véhicule de transformation intérieure, pont entre audition et illumination.
Lien probable, faisceau d'indices.