En 1951, John Cage pose une question iconoclaste : et si le compositeur n'était que le **greffier du hasard** ? Il compose « Music of Changes » en consultant le **Yi Jing**, l'antique Livre des Transformations, cet oracle que la **philosophie de Laozi** avait élevé au rang de sagesse cosmique. Le geste n'est pas folklorique : c'est une révolution philosophique transcrite en notes. Le Taoïsme de Laozi prêche le Dao, la Voie sans intention, l'**acceptation du flux naturel** que les Taoïstes appelaient *wu wei*, la non-action créatrice. Cage transpose cette sagesse orientale dans la musique : l'oracle devient **générateur aléatoire de partitions**, chaque ligne du Yi Jing déterminant hauteurs, durées, silences. Le compositeur disparaît derrière le tirage, sa volonté abdique devant le chaos organisé. Ce rapprochement entre la **pensée extrême-orientale et l'expérimentation sonore** ne cherche pas à imiter le Tao mais à le pratiquer. Le silence devient présence, la note se libère du jugement esthétique. Ainsi naît une musique sans sujet, une écoute du monde tel qu'il est, respirant le Dao lui-même.
Lien probable, faisceau d'indices.