Au Monterey Pop Festival de 1967, Jimi Hendrix ravage sa Fender Stratocaster en flammes : ce geste constitue un manifeste vivant. Il conjure le **Dada**, ce mouvement iconoclaste des années 1920 qui proclamait que l'anti-art était art. Tandis que Marcel Duchamp signait urinoirs en peinture, Hendrix fait de la **destruction musicale** un spectacle d'émancipation. Sa guitare incendiée traverse les frontières entre les disciplines : elle cesse d'être instrument pour devenir **performance conceptuelle**, objet politique où s'entrelacent la rébellion contre les formes établies et la célébration bruyante de la liberté. Le Dada refusait le sens de l'ordre ; Hendrix en refuse l'emprise. L'un pulvérisait les codes de la galerie ; l'autre transcende la scène en champ de bataille esthétique. Tous deux obéissent au même réflexe : détruire pour se libérer, briser les attentes pour surgir plus vivant. Cette **convergence transversale** entre peinture et musique révèle un secret : l'anti-art n'est jamais négation, mais affirmation radicale du créateur qui refuse le musée, la partition, l'ordre des choses.
Convergence indépendante, sans contact documenté.