La pensée du XXe siècle confronte Sartre et Freud sur une question décisive : qu'est-ce que l'homme quand il agit ? Le philosophe existentialiste refuse le cadre déterministe sur lequel Freud construisit sa compréhension de l'inconscient : pour Sartre, l'homme est **condamné à être libre**, et cette liberté non-aliénable devient incompatible avec le mécanisme pulsionnel que la psychanalyse propose. Loin de simplement ignorer son contemporain, Sartre dialogue avec Freud en critique vigilant. Il reconnaît la pertinence de la notion d'**inconscient**, mais rejette l'idée que les pulsions puissent dicter nos actes. La **mauvaise foi** sartrienne — l'autotromperie par laquelle on se prétend déterminé quand on est libre — devient une réponse existentielle au refoulement freudien. Avec l'après-guerre, le débat entre psychanalyse et existentialisme s'intensifie en France. Sartre refuse de voir dans le calcul pulsionnel une excuse à la responsabilité. Son engagement politique repose sur la conviction que l'homme reste toujours responsable de ses choix, position diamétralement opposée au pessimisme déterministe de Freud. Au-delà de la controverse, les deux pensées interrogent ensemble l'énigme du sujet contemporain : la liberté absolue peut-elle coexister avec les structures de l'inconscient ?
Lien probable, faisceau d'indices.