Sartre n'a jamais caché l'empreinte de Nietzsche sur son existentialisme. La démolition nietzschéenne du système de valeurs constitue le fondement d'une réflexion où l'homme se découvre jeté dans l'existence sans tuteur divin, condamné à forger seul sa morale. Ce que Nietzsche avait proclamé — **Dieu est mort** — devient chez Sartre le point de départ d'une **liberté vertigineuse** et sans recours. L'existentialiste reprend la critique nietzschéenne du ressentiment et des faux-semblants : tandis que Nietzsche dénonce la **morale du troupeau** qui étouffera l'excellence, Sartre y reconnaît la **mauvaise foi**, cette fuite où l'on se feint instrument d'une essence. Les deux penseurs rejettent l'idée qu'une nature précède nos choix. Là où Nietzsche s'autorisait une certaine amoralité du Surhomme, Sartre impose une **responsabilité radicale** : chaque acte engage l'humanité. L'héritage se transfigure en exigence politique : la liberté n'est pas privilège du génie, mais condition de chacun.
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