Jean Paul Gaultier puise l'essence de sa silhouette architecturale dans l'univers graphique du dessinateur Mœbius, dont les **combinaisons futuristes** structurent les mondes de science-fiction. Le créateur français, qui révolutionne la mode parisienne dès le début des années 1980, ne cache pas sa fascination pour l'imaginaire visuel de **l'auteur d'Arzak**. Les **formes géométriques** que Mœbius construit pour ses personnages cosmiques — épaulettes angulaires, fermetures structurées, matériaux apparents — deviennent le vocabulaire personnel de Gaultier. Ses collections en prêt-à-porter, notamment autour de 1985-1990, traduisent cette imbrication : les **coupes corsetées**, les **lignes de force épurées**, les **ceintures arquées** rappellent directement les armures souples imaginées par le dessinateur. Cette rencontre entre **bande dessinée et prêt-à-porter** illustre comment la mode française épouse les rêves de la science-fiction franco-belge, prouvant que l'atelier de couture et la planche de dessin parlent un même langage : celui de la **transformation du corps en objet architectural**.
Lien probable, faisceau d'indices.