Quand **Jack Kerouac** pose le stylo sur la page blanche vers 1950, il entend en arrière-fond les cris du saxophone de **Charlie Parker**. Le musicien incarne le bebop — cette révolution où l'improvisation remplace la structure, où chaque solo se réinvente en temps réel. Kerouac, observateur des clubs de jazz de New York, voit en Parker non pas un simple modèle musical, mais un *modus operandi* littéraire. Il baptise sa technique le **« sketching »** : écrire comme on improvise, dérouler la conscience sans censure, laisser la phrase suivre le flot intérieur plutôt que le plan préconçu. *On the Road* (1957) en sera la manifestation la plus célèbre — une prose pulsée, souvent dactylographiée en continu, où le rythme imite les cadences du bebop. Ce lien n'est pas purement thématique (bien que Parker peuple les pages de Kerouac) ; il est structurel. La **spontanéité formulée** que Kerouac admire chez le musicien devient grammaire littéraire. Ce pont unissant **littérature et musique** redéfinit ce que peut être l'écriture Beat, faisant de l'improvisation instrumentale une source d'invention syntaxique.
Lien documenté.