Jacques-Louis David domina la peinture française durant quatre décennies, imposant le **néoclassicisme académique** comme seule voie de légitimité. Eugène Delacroix, né trois décennies plus tard, subit cette tutelle au moment de sa formation. Où David voyait le temple du **dessin pur** et de l'idéal antique, le jeune peintre ne voyait que l'étranglement de l'imagination créatrice. Le Salon de 1824 consacre la rupture. Delacroix y présente *La Mort de Sardanapale* — déluge de **couleur**, de violence corporelle, de composition anarchique — tout ce que David avait proscrit. Ce n'était pas une querelle entre amateurs d'art, mais un **affrontement de méthodes** : sur la toile, David avait établi la suprématie de la **ligne ordonnée** ; Delacroix la niait au nom de la **sensation brute**. Comprenez-le bien : en s'attaquant aux principes de son aîné, Delacroix remettait en cause l'autorité du maître lui-même. David y perçut une trahison. L'histoire y vit l'enfantement d'une peinture moderne. Cette tension inévitable — **collision entre deux conceptions du métier** — arracha l'art français à l'académisme mortifère.
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