Le lien entre Issey Miyake et Le Corbusier reste peu énoncé, bien qu'une conviction fondamentale les unisse : **la forme naît de la fonction**, et cette exigence dilate plutôt qu'elle n'étouffe la beauté. L'architecte suisse l'a édifiée dans le Modulor (1945), grille de proportions humaines ordonnant l'espace bâti. Le créateur japonais en a déroulé une conséquence textile singulière : le pli—l'Origami Plissé (1993) notamment—n'est jamais pur décor mais **générateur de liberté**, d'élasticité, de grâce du mouvement. L'un construit l'espace habité, l'autre vêt le corps qui le traverse : même refus de l'accessoire, même confiance en l'épuration. La **géométrie** devient chez eux le langage du vivant. Ce qui les rapproche en essence, c'est une audace identique : imaginer qu'une rationalité structurelle peut envelopper le corps—l'habiter, le vêtir—sans l'écraser, révélant au contraire sa grâce propre, sa vérité silencieuse. Deux visionnaires du nécessaire qui ont érigé l'épuré en acte de beauté.
Rapprochement interprétatif, non une filiation prouvée.