Flaubert (1821-1880) et Zola (1840-1902) sont les deux piliers de l'ambition réaliste française. Le premier, avec *Madame Bovary* (1856) et son culte de la **phrase juste**, pose les fondations : observation sans complaisance, rupture avec le romanesque sentimental, architecture narrative implacable. C'est avant tout un projet stylistique. Zola, plus jeune de deux décennies, en fera une **méthode d'enquête sociale**. Admirateur déclaré de Flaubert, il systématise ce réalisme en naturalisme : au microscope littéraire du maître s'ajoutent l'investigation de l'hérédité, les mécanismes du déterminisme, l'anatomie du groupe humain. Ses *Rougon-Macquart* radicalisent le projet flaubertien — documentation sans écran, bannissement de l'idéalisation, dissection des passions élémentaires. Flaubert cherchait l'**écriture sans fard**; Zola ambitionne la **représentation totale**. Tous deux rejettent le mensonge du roman de complaisance. Entre eux s'établit une transmission d'exigence : Zola assimile le culte flaubertien de la forme, mais le redéploie vers l'observation systématique du réel moderne, de l'atelier à l'alcôve. Flaubert reste le maître occulte du naturalisme zolien.
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