La théorie de l'évolution déstabilise l'Europe du XIXe siècle. Mais **Darwin** y injecte aussi une promesse : celle d'un **monde en transformation rationnelle**, d'une **nature intelligible** et progressive. C'est cette confiance que **Méliès** traduit en pellicule. Magicien devenu cinéaste, il filme ce qui apparaît désormais plausible — le voyage vers la Lune en 1902, les métamorphoses en trucage, l'exploration de mondes minéraux. Son génie réside dans cette fusion : la technologie du cinéma devient l'instrument d'une **pensée scientifique** qui croit au progrès, à la découverte, au pouvoir de l'homme de transformer son environnement. Là où un conservatisme défensif voit la profanation de l'ordre naturel, Méliès y voit une **aventure rationnelle** digne d'être filmée. Ses films ne sont pas des rêveries échappées — ce sont les **fantasmes organisés** d'une époque qui vient de lire Darwin et qui rêve de continents lunaires. Le cinéma, pour lui, est l'art qui peint la victoire de la raison sur l'inexploré.
Lien probable, faisceau d'indices.