Quand Liszt fait connaissance avec l'œuvre de Schubert, l'autrichien vient à peine de disparaître. L'admiration jaillit d'emblée : le virtuose hongrois reconnaît aussitôt la puissance du **génie mélodique** schubertin et décide qu'il mérite une audience européenne entière. Il entreprend alors la tâche de propagandiste : transcrivant pour piano seul les plus beaux lieder, les symphonies, les pages de musique de chambre. Ces transcriptions surpassent le simple arrangement — elles constituent une **transfiguration** de l'original. Le clavier romantique, sous les doigts de Liszt, magnifie l'intimité poétique de Schubert en une épopée sonore démesurée. Le geste se prolonge dans l'action : Liszt organise des soirées consacrées à Schubert, en parle aux grands compositeurs du continent, façonne progressivement une réputation qui dépasse les frontières de Vienne. De cette admiration généreuse naît un héritage : celui d'un Romantisme où la chanson devient symphonie, où l'émotion brute s'architecte en beauté totale. Finalement, en dépassant la simple célébration, Liszt réinvente Schubert à chaque interprétation, prouvant que **l'admiration sincère constitue une forme de création**.
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