Federico Fellini et Friedrich Nietzsche se nouent autour d'une **vision commune : l'éternel retour**. Le cinéaste italien ne construit pas son univers selon une progression linéaire ; il le peuple de motifs qui reviennent, lancinants, obsédants. Rome. Le cirque. La Dolce Vita dans ses débâcles érotiques. Ces éléments circulent dans *8½* et *Amarcord* avec la régularité d'une loi cosmique à laquelle on ne peut se soustraire. Nietzsche formule cette loi en termes métaphysiques : **tout revient infiniment**. Mais loin d'être nihiliste, l'éternel retour devient pour lui une **affirmation suprême** — celui qui dit oui au retour dit oui à la vie elle-même. Fellini transpose cette philosophie en langage filmique. Ses personnages ne s'évadent pas du cycle ; ils s'y reconnaissent, s'y enfoncent, y puisent une certaine clarté. *8½* demeure l'œuvre où cette convergence s'épanouit pleinement. Guido Anselmi, metteur en scène en déroute, tourne en cercle sous le poids de ses propres fantasmes. Le film ne progresse pas vers une résolution — il tournoie. Dans cette danse perpétuelle avec les mêmes spectres, Fellini actualise Nietzsche : le cinéma devient le medium où la vie accepte et célèbre son propre retour.
Rapprochement interprétatif, non une filiation prouvée.