La photographie de Diane Arbus révèle une affinité profonde avec l'univers de Franz Kafka. Où le romancier pragois invente des mondes où **l'aliénation cosmique** structure chaque jour — Gregor Samsa réveillé en insecte, Joseph K. happé par des rouages administratifs aveugles — Arbus photographie New York et ses franges avec un équivalent aplomb devant l'**absurde du vivant**. Ses séries des années 1960 ne jugent jamais les twins, les nains, les corps déformés par le sort. Elle les saisit sous un regard qui confère à l'étrangeté un statut de donnée première, presque de grâce. **La douceur** de son parti pris ne résout rien ; elle libère simplement du mensonge d'une normalité fantasmée. Cela touche au cœur de Kafka : l'aliénation ne se **dénonce** pas ici, elle se **regarde** — scrupuleusement, sans apitoiement. Arbus, baignée dans les traductions kafkaïennes qui circulaient en Amérique des années 1960, photographie comme Kafka écrit : elle apprivoise l'horreur du réel en le posant comme donnée neutre, digne, jamais sauvée. Deux visions qui refusent le rédempteur et embrassent la clarté du cosmos aberrant.
Lien probable, faisceau d'indices.