David Hume incarne, plus que tout autre penseur des Lumières, l'ambition de soumettre la **philosophie aux lois de l'expérience**. Son projet, énoncé dès le *Traité de la nature humaine* (1739), est explicite : transposer en domaine mental le programme que **Isaac Newton** a triomphalement appliqué aux corps célestes. Là où Newton observe, mesure et conclut par induction mathématique, Hume entend **disséquer l'esprit humain** selon les mêmes principes d'observation directe et de refus de toute hypothèse non sensible. Cette filiation newtonienne imprègne profondément son empirisme : pas de substance immatérielle, pas d'essences métaphysiques, seulement des **impressions et des idées** qu'on peut constater et analyser comme on analyse un phénomène physique. Lorsque Hume expose sa théorie de la causalité — ce moment où il déconstruit le lien nécessaire entre cause et effet pour n'y voir qu'une **succession observée** — il demeure fidèle à l'esprit newtonien : renoncer aux principes cachés, se contenter de ce que l'expérience livre. C'est en cela que le philosophe écossais n'invente pas : il applique, avec une rigueur remarquable, la méthode expérimentale qui fit la gloire de Newton.
Lien probable, faisceau d'indices.