John Lennon a reconnu chez Bob Dylan un **maître de la parole poétique** capable de redéfinir ce que la chanson populaire pouvait dire. Dès le début des années 1960, Dylan impose un nouveau standard : les mots ne sont plus de simples vecteurs de mélodie, mais des outils de transformation sociale et littéraire. L'admiration de Lennon pour **l'imagerie lyrique** du poète américain — ses énumérations libres, ses ruptures de syntaxe, son refus du sentimentalisme facile — transparaît rapidement dans l'évolution des Beatles. L'album *Rubber Soul* (1965) marque un tournant : Lennon y écrit désormais en marge des schémas de la Tin Pan Alley, épousant une **densité poétique** qui doit beaucoup à Dylan. Mais au-delà des influences de surface, c'est toute une philosophie que Lennon absorbe : l'idée qu'une chanson de rock peut être le **véhicule d'une conscience critique** autant que de beauté formelle. Dylan lui montre comment fusionner la rébellion et l'art sans les réduire l'un à l'autre. Cette transmission façonne profondément la direction que Lennon prendra avec les Beatles, puis en solo, affirmant que la pop n'est pas contraire à la poésie, mais son accomplissement moderne.
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